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Lundi 16 novembre 2009

Bonjour à tous

 

Voici l’Episode 2 de notre voyage, écrit dans d’atroces souffrances suite à un doigt à moitié amputé par la porte du jardin… Mais oui, au moins!

 

Je m’étais arrêtée à notre première petite semaine à Shanghai, une mise en jambes intensive pour la suite du programme. Mais avant d’enchainer, je voudrais juste dédier particulièrement cet e-mail à mon oncle Alain et à ma tante Sabine, dont nous avons suivi les traces deux ans après leur voyage chinois. Nous avons beaucoup pensé à vous pendant notre périple et continuons de le faire à chaque heure qui passe. Nous espérons que ces lignes et les photos associées vous feront revivre de bons moments !

 

Nous voilà donc à l’autre aéroport de Shanghai, Hongqiao. Cet un océan mouvant, des gens partout, chargés ou pas, pressés ou pas, mais toujours bruyants. Et pourtant, il nous a fallu très peu de temps pour enregistrer et encore moins pour passer la police et la sécurité. Et c’est un constat que nous effectuerons dans les 4 aéroports chinois desquels nous nous envolerons. Alors ? Quelle est la recette magique ? Je ne sais pas mais Roissy devrait bien s’en inspirer…

 

Nous allons à Guilin et de là à Yangshuo, charmante bourgade à environ 1h au sud… Bourgade, c'est-à-dire 300 000 habitants ; c’est la campagne ! Nous avons un hôtel en dehors de la ville auquel on accède par 500 m de chemin défoncé. Notre chambre est immense avec une véranda lumineuse et un grand balcon. Le lendemain, c’est un régal pour les yeux car le restaurant en plein-air donne sur les fameux pics karstiques de la région, tellement fameux qu’ils sont représentés sur le billet de 20 Yuans. Vous savez, ces calligraphies chinoises dans lesquelles on voit des montagnes représentées comme des gros pains de sucre. Et bien, nous voilà arrivés au milieu de ces pains de sucres géants, dispersés au bord de la rivière et au milieu des bambous. A nous les balades en radeau de bambous et en vélos, loin des klaxons et autres pots d’échappements. Tellement loin dans les rizières que nous nous sommes perdus. Sans eau et sous un soleil estival, ça n’est pas très malin. C’est dit, vive le retour en radeau même si les rapides, une rigolade pour les légers asiatiques, se sont transformés en bain de siège, littéralement parlant, pour les lourds occidentaux que nous sommes ! Comme l’intégralité des touristes dans la région, nous sommes allés assister au son et lumière local. Le spectacle, grandiose par ses éclairages et la foule de figurants, se déroule aussi parmi le public : une nuée (et le mot est faible) de flashes éclairent la nuit, les exclamations enthousiastes et parfaitement synchrones secouent le public sans compter le brouhaha incessant des conversations ! Nous avions déjà expérimenté cela à Shanghai en allant voir un magnifique spectacle moderne d’acrobaties mais pas à ce point. L’effet du plein-air sans doute…

Le dernier jour, nous nous rendons à Longji, pour voir les rizières en terrasses du Dos du Dragon. La montagne est littéralement sculptée de rizières. Malheureusement elles ne sont pas en eau et ne scintillent pas comme sur les photos ou mes souvenirs de Bali… L’ascension est rude, beaucoup de marches et beaucoup beaucoup de touristes… Mais le paysage en vaut la peine ! C’est splendide ; ca me donne envie de retourner a Bali. Curieux effet.

 

Apres notre pause verdure, nous repartons, bon pied bon œil vers le monde des villes. Xi’an, mondialement connue pour la fameuse armée de terre du Premier Empereur, Qin. L’armée fut découverte par hasard en 1974 et devint immédiatement un haut lieu touristique en soi. Ca été le clou, durement mérité de notre excursion chinoise de ce jour là. Quant à voir les soldats, ça se mérite aussi, croyez-moi ! C’est immense et très impressionnant, mais impossible de faire la moindre photo nette avec mon petit appareil ; il y a bien trop de coudes qui vous bousculent de toutes parts. Néanmoins, je recommande la visite ! C’est d’une démesure folle. Et puis Xi’an, c’est aussi son quartier musulman, très charmant et animé. On y trouve plein de spécialités culinaires mystérieuses, une maison de thé fort attrayante et une grande mosquée intrigante ! A notre œil peu connaisseur, il est bien difficile de la distinguer d’un énième temple chinois… Sans compter la Grande Pagode de l’Oie Sauvage ou la Tour du Tambour, magnifiquement illuminée de nuit.

Sans compter aussi notre hôtel, le Sofitel réputé pour être le plus beau palace de la ville, avec une chambre à tarif ultra négocié par mon collègue Alex. Merci Alex, une suite pour deux nuits, c’était fantastique !

 

Dans la série transports, nous arrivons au chapitre train. On nous a beaucoup vanté les mérites des trains de nuit locaux, il ne sera pas dit que nous n’utiliserons que l’avion ! Et notre bilan carbone alors, comme nous dirait Mai… Un geste pour la planète et on prend le train. Nous repassons par la case salle d’attente hystérique avant de trouver notre compartiment 4 couchettes, des nouilles chinoises déshydratées achetées dans le couloir et roule ma poule, dans 11h plus tard nous serons a Pékin. Il n’y a plus qu’à se laisser bercer… Mais c’est sans compter notre voisin de la couchette du bas à gauche en entrant. Un recordman de ronflements comme rarement JM et moi en avions rencontré ! Incroyable ce que cet homme là pouvait faire avec un si petit nez ! Pour la première fois de ma vie, j’ai appris à dormir avec des boules Quiès ! Pour JM, qui a le sommeil plus léger, cela n’a pas suffit !

 

Le lendemain, de bon matin, nous débarquons dans la fraicheur pékinoise. Car le temps se rafraichit dangereusement et nous manquerons d’ailleurs la neige à un jour près ! Nous nous rendons tout d’abord à notre hôtel, un ancien hutong reconverti. Les hutongs sont les habitations traditionnelles, composées de cours successives ; ils sont absolument charmants et constituent l’âme ancienne de la ville. A ce titre, ils disparaissent rapidement sous les pelleteuses, toujours à l’affut d’une nouvelle tour à construire.

Pékin nous a paru différent de Shanghai ; JM n’a pas aimé cette ville. Quant à moi j’ai du mal à me faire un jugement par rapport à Shanghai mais il est vrai qu’elle est probablement moins engageante que Shanghai, si on peut dire. Ou bien qu’on s’y sent plus limités, plus parqués… En tous cas, la pollution y est pire, le gris prédomine et les arbres ont disparu… Mais il y a des merveilles incontournables à Pékin.

Le jour de notre arrivée, après avoir pris nos quartiers, nous allons d’abord visiter le Temple des Lamas, qui n’est pas un élevage de lamas en pleine ville, non non (et certains l’ont pensé, je n’invente rien), mais bien une lamaserie tibétaine, soigneusement préservée par le pouvoir en place, dans le cadre de la préservation des minorités... C’est un ensemble de couleurs, ou se mêlent les curieux et les dévots, ou des buddhas rutilants et immenses se succèdent les uns aux autres au milieu de la fumée d’encens. Une très belle visite. Entre parenthèses, le Tibet ne semble pas ou plus ostracisé dans ce coin de la Chine. On trouve des restaurants tibétains en ville, au même titre que des restaurants du Yunnan ou Ouïgours ; à l’extérieur du marché aux vêtements à Shanghai, j’ai pu acheter quelques bijoux tibétains. Evidemment, nous n’avons pas abordé le sujet du Tibet avec aucun Chinois et comment faire d’ailleurs ? Le niveau d’anglais ne le permet généralement pas. Mais je ne m’attendais pas à cette visibilité du Tibet dans ces grandes métropoles proches du pouvoir. Il semble que cette région soit (à présent ?) traitée comme un fort potentiel touristique et culturel… faisant partie intégrante de la Chine.

 

Nous enchaînons sur le Palais d’été, lieu de villégiature des empereurs, très marqué par l’influence de la fameuse impératrice douairière Cixi (rien à voir avec la BD Lanfeust, incultes !). Voilà une des merveilles de Pékin. C’est immense et majestueux, les photos peinent à le rendre. On peut aisément et par bonheur s’écarter de la cohue et de l’écran géant diffusant du hand-ball au pied du pont aux 17 arches, et gagner de la hauteur dans la « montagne ». Et puis à la sortie, nous tombons sur… le métro. Et oui, notre guide date de 2008, et, entre temps, JO oblige, il a poussé des lignes de métro en nombre et une station à 200m de notre hôtel !

 

Le lendemain, Hélène, Michel et leur fils Antoine, petit blondinet de 6 ans, arrivent ! Ils avaient pris le relai chez ma cousine, en notre absence, et nous avions convenu de nous retrouver à Pékin pour trois jours. Antoine est très au point sur la Chine et la Grande Muraille particulièrement. Il est, comme Sibylle à Shanghai, le point de mire de tous les Chinois qui l’entraperçoivent. Au point de venir constamment tapoter l’épaule d’Hélène pour demander une photo. Mais Antoine n’aime paaaaaas les photos. C’est l’âge… Ce sont donc des contingents de Chinois déçus qui repartent la mine étonnée ou bien boudeuse. D’autres ne demandent pas la permission et prennent des photos de cet enfant allégrement. C’est assez étrange comme impression.

 

Nous passons notre première journée ensemble à vagabonder dans la Cité Interdite puis Place Tian-an-Men, dont on ne perçoit pas forcement l’immensité au premier abord. Des écrans lumineux coupent toute la perspective de la place. Néanmoins, une fois qu’on la parcourue d’un bout a l’autre, effectivement, je finis par me dire que c’est nettement plus grand que le Zocalo de Mexico… Quant à la Cité Interdite, c’est un dédale de palais et petites ou grandes cours dans une condition parfaite. Pas de doutes, cela donne fortement l’envie de revoir le film de Bertolucci, le Dernier Empereur. Comme toujours, c’est tellement repeint de près que l’on a du mal à croire à l’authenticité des batiments ou bien des meubles. Mais maintenant, nous avons pris notre partie de la foule et n’hésitons plus à rentrer franchement dans la mêlée quand quelque chose attire le coin de notre œil ! Et pour le diner ce soir là, ce sera canard laqué, puisque c’est la spécialité de Pékin. Charles, le cousin de ma cousine (suivez, suivez) nous a recommandé un restau ancien et typique bien caché dans une petite ruelle sombre. Le trouver relève de la Carte aux Trésors mais les canards y furent savoureux !

 

Le lendemain, en route pour la Grande Muraille et les Tombeaux Ming. Nous avons choisi un accès un peu plus isolé de celui qui est proche de Pékin, dans l’espoir naïf d’avoir moins de touristes. Hum… Le temps est affreux, une brume froide et grise nous enveloppe. Nous faisons l’ascension en téléphérique (et là, pas de doute, on voit bien que je n’ai jamais été au ski) et escaladons enfin quelques marches pour nous retrouver sur la Grande Muraille. Un ouvrage, certes très rénové à cet endroit là, mais qui fait tout de même plus de 8000 km de long. On voit la muraille à perte de vue, au milieu des feuillages orange de l’automne. C’est malgré tout splendide ! En revanche, un mythe s’écroule : non, on ne voit pas la Muraille depuis la Lune ; on peine déjà a voir les continents alors un mur... C’était de la propagande. Ca a bien marché. On fait la descente à pied, et la pluie commence à tomber à notre arrivée au minibus. Ouf ! Finalement, nous avons eu de la chance avec le temps. Tout est relativité, dirait Einstein. Le soir nous errerons d’ailleurs sous la pluie à la recherche d’une fondue chinoise, que nous trouverons tout à fait par hasard ! Miam, un vrai festin.

 

Pour notre dernier jour à Pékin, nous nous enfonçons dans le marché des minorités qui est, en réalité, un gigantesque bric-à-brac d’objets en tous genres, essentiellement destinés aux touristes… ou pas ! Calligraphies, théières, bijoux, statues (de 2m de haut parfois), on y trouve de tout. Nous y faisons quelques courses… de Noël ! L’occasion est bonne. Nous achetons aussi une belle et grande théière noire, en terre, pour Natalie. De retour à Shanghai, notre théière noire deviendra marron clair après un premier lavage. Comme dit Nat, bienvenus en Chine ! Enfin, le dernier après-midi, nous visitons le Temple du Ciel aux belles tuiles vernissées bleues puis tentons une percée dans un Hutong transformé en étalage géant pour touristes avant de nous réfugier au chaud au Starbuck Coffee, décidemment un haut lieu de paix et de repos pendant notre séjour.

 

Retour sur Shanghai pour un dimanche « restau, achats et massage », avec Nat et Sibylle, Matthieu étant parti à un forum en dehors de Shanghai. Lundi matin, la tête de Sibylle tourbillonne sous ses couettes : elle part à l’école alors qu’Hélène, Michel et Antoine viennent d’arriver de Pékin par le train de nuit et que JM et Véro semblent sur le départ ! Quel chambardement ! Elle va me manquer cette petite mère, toujours à fond dès le matin…

Retour vers l’aéroport en transports en commun cette fois : on a du temps devant nous et JM veut absolument essayer le Maglev, un des seuls trains a sustentation magnétique en circulation au monde. Vitesse de pointe : 431 km/h quand même ! Résultat : cible à trente kilomètre atteinte en 7 minutes ! Waouhh.

 

Voilà, nos derniers sous dépensés à l’aéroport, un avion loupé plus loin (pour cause de premier avion très en retard) et nous sommes rentrés dans notre verte Ecosse, heureux de retrouver notre petit chez nous, le calme de la ville, l’absence d’embouteillage, le ciel bleu et la plage ! Mais heureux aussi d’être allés voir ma cousine et sa petite famille, d’être allés voir où et comment ils vivent depuis trois ans. Heureux aussi d’avoir pu bénéficier de quelques clés pour mieux comprendre ce qui nous entourait. Heureux enfin d’avoir eu un aperçu intense de ce géant en pleine mutation, de nous être rendus au cœur de ce qui alimente tant de conversations, de curiosité et d’angoisse de nos jours : la Chine qui s’est éveillée, pour paraphraser Peyrefitte.

 

Allez-y, tentez le tourbillon !

 

Bises

PS : à la fin des photos sur Picasa, il y a quelques vidéos, j’espère que vous pourrez les voir !

 

Véro

Photos: http://picasaweb.google.com/veroroub/Chine2009GuilinXiAnPekin?feat=email#

Par jmjames
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Dimanche 15 novembre 2009
Hello à tous,

Après plein d'études absolument pas scientifiques du tout, j'ai décidé de ne plus utiliser mon site coppermine pour héberger mes photos. Je suis donc en train de migrer doucement les albums représentatifs vers de beaux albums picassa.

Les raisons pour tout ça :
- la gestion des photos est plus facile, (upload, tri, légendes)
- je n'ai plus d'administratif à faire,
- le site de picassa est quand même bien plus rapide que celui fourni par free

Vous trouverez ces albums sur :

http://picasaweb.google.com/Jeanmichel.james

et puis, pour mémoire, les albums de Véronique sont sur :

http://picasaweb.google.com/veroroub

Pour les nostalgiques, le site coppermine sera laissé dans l'état.

Des Bises,
Par jmjames - Publié dans : Photographie
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Vendredi 13 novembre 2009
La Chine va constituer  l'actualité de ce blog pour encore quelques temps, le temps de trier nos photos et de vous raconter nos pérégrinations dans diverses villes chinoises. Après la grande ville de Shanghai, le prochain épisode, ordre chronologique oblige, devrait couvrir les rivières et les rizières de Yangshuo et de Longji.

En attendant, profitez donc de la nouvelle bannière et d'une vue sur le quartier de la Concession Française à Shanghai.

Des bises,
Par jmjames - Publié dans : Voyages
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